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Petit Historique de l'épée pour les novices et les curieux

 

La période couverte par les Dagues du Cardinal s’étend grosso-modo de la Renaissance à la Révolution.

 

Durant tout le moyen âge, l’épée a relativement peu évolué. Elle est en général robuste, avec une lame à double tranchant, une garde simple en forme de croix, une poignée de bois recouverte de cuir ou de filigrane de métal et un pommeau massif pour équilibrer le tout. Avec le temps, les lames vont devenir plus pointues pour allier la frappe d'estoc à la frappe de taille. Les lames mesurent en moyenne 80 cm ( plus ou moins...) Elle sont à gorge ou à arrête médiane, et comportent parfois les marques du fabriquant.

Voici deux épées du moyen-âge :

 

Avec la Renaissance, l'escrime va évoluer sous l'influence des maîtres d'armes venus d'Italie et d'Espagne. Elle va devenir plus technique et développer des parades, des attaques et des "bottes" plus élaborées...

Les épées vont s'adapter en conséquence. Progressivement, des anneaux de protection vont être ajoutés perpendiculairement à la garde («pas d’âne»). A ces anneaux vont s'en sur-ajouter d'autres ainsi que différentes branches de gardes qui vont progressivement envelopper la main et mieux la protéger. Parallèlement, la lame s'allonge et s'allège. Il n'est pas rare d'observer des lames mesurant 1 mètre (voir plus....)

La rapière est née...

Une rapière du XVIIIème :

La rapière est portée exclusivement par les Gentilshommes. Elle devient à la fois une arme d'apparat et de combat. Plus le personnage qui la porte est de haut rang, plus elle est richement décorée. La rapière est d'usage civil. L'escrime pratiquée est plus fine et précise, à la fois de taille (avec le tranchant de la lame ) et d'estoc (avec la pointe).

 

 

 

Le bouclier qui protégeait le combattant jusqu'à la fin du moyen-âge va aussi progressivement disparaître pour laisser la place à la dague, tenue généralement de la main gauche ( d'où son nom de «Main Gauche» ). Cette dague va avoir une fonction défensive, mais aussi offensive. La dague est un poignard plus ou moins long avec une garde plus ou moins enveloppante ( à l'image de la Rapière )


 

 

Deux exemples de dagues "Main-Gauche" du XVIIème.

 

L'évolution ultime de la Rapière est la « Taza ».

Venues d'Espagne, les gardes de ces épées sont constituées d'un «bol» plus ou moins richement décoré, enveloppant la main. La protection de celle-ci est ainsi parfaitement assurée.

 

____Deux_"Tazas"____

Sur les champs de batailles, la morphologie des épées évolue de la même manière. Cependant, les lames sont plus larges et plus robustes. On parle alors de « Fortes Épées ». On commence aussi à voir apparaître les « Wallonnes ». Ce sont des épées de fer avec une garde assez robuste et simple, venues des pays nordiques.

Les rapières, elles, seront en usage jusqu'à la fin du XVIIème siècle.

 

< Wallonne de Cavalerie

A la fin du XVIIe siècle, avec le ministre Louvois, les premières épées réglementaires militaires vont faire leur apparition. Dans un soucis d'économie et de production en grande quantité, les premières gardes en laiton vont apparaitre. Les gardes de ces épées seront relativement simplifiées si l'on compare avec les rapières précédemment évoquées. Petit à petit, ces «Fortes Épées» vont se voir supplantées par l’apparition du sabre vers le milieu du XVIIIe siècle.

Sabre de Dragons, milieu du XVIIIème siècle >

 

Celui-ci prendra vraiment sa place sur les champs de batailles vers le milieu du XVIII e pour ne plus les quitter jusqu'à la fin du XIX e siècle.

 

< Sabre d'infanterie à "garde tournante"
Époque révolution 1792

 

A la fin du XVIIe siècle les épées évoluent en fonction de l'escrime. L'escrime s'affine et demande plus d'agilité que de force physique. L'escrime de pointe est préférée aux coups de tranchant. Les gardes des épées s'allègent et les lames raccourcissent pour se stabiliser autour de 90 cm. Les gardes ne sont plus composées que d'un plateau plein en forme de « huit », d'un arc de jointure principal reliant la garde au pommeau et d'annelés dans lesquels on passe l'index. Elles sont de fer, de métaux cuivreux, plaquées or ou d'argent massif pour les plus belles. Vers la Révolution française, les annelés vont progressivement disparaître et les plateaux de garde vont évoluer en forme de lyre.


Voici quelques exemples d'épées de cour du XVIIIème siècle (de gauche à droite) :

  • épée d'officier (Louis XV))
  • épée d'officier d'artillerie (Louis XV)
  • épée d'officier supérieur, monture en argent massif ( Louis XV)
  • épée d'officier modèle 1767
  • épée de ville à pointe de diamant (Louis XVI)
  • épée uniforme (Louis XVI-Révolution)
  • Sabre de Dragons, modèle 1767

 

 

Au début du XIXe siècle les épées vont perdre leur vocation offensive pour ne devenir que des armes d’apparat ou représentant le rang militaire. Les « épées à clavier » font leur apparition. Ces gardes à clavier n'ont plus de vocations défensives. Le clavier est le support privilégié des décorations et motifs divers.


<Épée d'officier supérieur
début XIXème siècle

 

 

Épée "Unie" des services de santé
Modèle de 1855, transformé en 1872                                                 >

 

Ce petit historique est bien entendu succinct et peu exhaustif. Vous pourrez trouver de plus amples informations dans les livres suivants :

 

  • « Les Épées, portées en France, des origines à nos jours », Jean LHOSTE, Éditions du Portail.
  • « Les Sabres, portés par l'armée Française », Jean LHOSTE et Patrick RESEK, Éditions du Portail
  • « Des sabres et des épées » Michel PETARD, Tomes I, II, et III, Éditions du Canonnier
  • « Armes Blanches, symbolisme, inscriptions, marquages, fourbisseurs, manufactures » de Jean LHOSTE et Jean-Jacques BUIGNE, Éditions du Portail

 

Et si vous voulez en voir de plus près, le Musée de L'armée des Invalides à Paris est une mine d'or en la matière...

 

 

 




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